l'Olivier

L’olivier (Olea Europa) fait partie de la famille des oléacées qui comprend, notamment, les lilas (Syringia), les troènes (Ligustrum), les frênes (Fraxinus), mais également des arbustes comme les forsythias ou encore les jasmins. La seule espèce portant des fruits comestibles est l’Olea europaea, laquelle se divise en 2 sous espèces : Olea europæa sylvestris ou oléastre, c’est à dire l’olivier sauvage et Olea europæa sativa ou l’olivier cultivé

Olivier sauvage ou oléastre

L’oléastre est généralement un arbuste buissonnant épineux à petites feuilles rondes ou légèrement allongées et à petits fruits sphériques qui contiennent peu d’huile. Il est assez répandu dans les maquis des régions méditerranéennes et forment même de vraies forêts en Espagne, en Algérie et en Asie Mineure.

Olivier cultivé

L’olivier cultivé est un arbre de 5 à 10 m de haut au tronc sinueux dont l’écorce est crevassée qui présentent des feuilles lancéolées et des fruits de forme et de teneur en huile assez variables selon la variété considérée. Par l’action de l’homme et à l’issue de patients travaux de sélection, de nombreuses variétés ont été obtenues. Selon la destination des fruits de cet arbre, elles ont été classifiées en variétés à olives de table ou variétés à olives à huile ou variétés dites à deux fins.
L’olivier se distingue des autres espèces fruitières par sa très longue longévité pouvant donner des arbres plusieurs fois centenaires. Si le tronc disparaît par vieillissement, les rejets se développant à sa base assureront sa pérennité et redonneront un nouvel arbre.
L’olivier est également réputé pour sa grande rusticité, lui permettant de se développer et de fructifier sous des conditions de climat sub-aride et sur des sols parfois très pauvres.
L’olivier a un développement plutôt lent, sa vie peut ainsi être divisée en 4 périodes :
la période de jeunesse 1-7ans
la période d’entrée en production 7 à 35 ans
la période adulte 35 à 150 ans
la période de sénescence au-delà de 150 ans

Une année avec un olivier…

Le déroulement annuel du cycle végétatif de l’olivier est en étroite relation avec les conditions climatiques de son aire d’adaptation.
Après la période de repos hivernal (novembre-février), le réveil printanier (mars-avril) se manifeste par l’apparition de nouvelles pousses terminales et l’éclosion des bourgeons qui donneront soit du bois, soit des fleurs.
Puis, avec la montée des températures printanières l’olivier fleurit (en mai – juin), la fécondation de ces fleurs conduit à la formation des olives (juin – juillet), cette étape est la nouaison. Seules 1 à 3 % des fleurs se transformeront en fruits.
En juillet-août, les fruits grossissent pour atteindre leur taille définitive fin septembre-début octobre. Puis, débute leur changement de couleur qui passe du vert au vert-violacé, fruits dits tournants, puis au noir, le changement de couleur des olives est appelée la véraison.
La récolte s’effectue de fin août pour les olives vertes de table précoces à fin février pour les olives à huile tardives.

La Floraison
La Récolte

Un arbre éternel,
une histoire qui remonte à la nuit des temps…

L’histoire de l’olivier se perd dans la nuit des temps et se confond avec celle des civilisations qui se sont succédées en Méditerranée et qui ont à jamais marqué de leur empreinte la culture de cette partie du monde.
Originaire du bassin méditerranéen, l’olivier serait apparu, sous une forme sauvage, il y a plus de 60 000 ans.
Les hommes ont probablement toujours récolté les fruits de l’olivier sauvage. Puis, les cultivateurs du néolithique ont commencé à organiser la production du fruit de l’olivier, et probablement de l’extraction de l’huile d’olive. L’oléiculture (culture de l’olivier) remonte ainsi à l’invention de l’agriculture.

l'Olivier en France

L’oléiculture a connu des phases de fort développement mais aussi de grandes périodes de repli. Ces fluctuations dans le développement de cette culture s’expliquent  par les variations climatiques (l’olivier meurt par grand froid) et par les problèmes de concurrence économique. Il est cependant remarquable de souligner l’obstination permanente des habitants de la zone oléicole à maintenir contre vents et marées la présence de l’olivier dans leur paysage. Ceci montre bien qu’il existe un véritable lien affectif entre l’homme et l’olivier depuis toujours et encore aujourd’hui. Pour s’en convaincre il suffit de se promener dans une oliveraie ou de dialoguer avec un oléiculteur.

De l’Antiquité au Moyen-âge…
à la Renaissance

Des feuilles fossilisées datant de 8 000 ans avant J-C, ont été retrouvées en Provence à Roquevaire et à la Ste Baume, des pollens fossiles en Languedoc à Tautavel , attestent de sa présence en France depuis très longtemps.
On dénombre plusieurs oliviers millénaires, tels que ceux de Roquebrune-Cap-Martin (Alpes Maritimes), sans compter les champs d’oliviers centenaires.
L’histoire rapporte qu’il a été importé par les phocéens, qui, installés à Marseille (Massalia), auraient développé sa production après avoir amélioré celle de la vigne. Puis les Romains ont étendu sa culture à tout le Midi de la France. De nombreux vestiges attestent de son importance à l’époque gallo-romaine de Carcassonne à Vaison-la-Romaine.
Pendant toute la période du Moyen-âge, l’olivier est cultivé dans les villages du Midi de la France qui ont presque tous un moulin à huile à cette époque. L’huile d’olive circule et des tarifs de péage son institués spécifiquement pour elle notamment à Nice, Brignoles, Trinquetaille, Valensole. C’est un commerce saisonnier très lié aux rites religieux et notamment au Carême.
Il y a peu de traces littéraires de la culture de l’olivier jusqu’à la fin de la renaissance. Il faut dire que la Provence et le Languedoc ont connu tout au long du Moyen-âge de nombreux fléaux qui ont affecté notamment les populations rurales (peste, disette, guerres…) et leurs exploitations (pillages, mises à sacs…). Des gels successifs ont également touché les oliviers.
Certaines actions de souverains ont toutefois permis le maintien et parfois le développement de l’olivier sur des périodes plus ou moins longues comme par exemple l’exemption de la dîme sur les olives.
Dès le XVI° siècle, l’huile d’olive s’exporte au-delà du Midi de la France grâce notamment au port de Marseille puis de Nice.

Les Temps Modernes

A partir du XVIII° siècle, l’olivier est présenté comme une culture importante et nécessaire pour l’économie de nombreuses régions et notamment le Roussillon, le Pays d’Aix, le Comté Niçois. Les moulins « fleurissent » et on compte plusieurs centaines de moulins dans le Midi de la France.

A cette époque, de véritables oliveraies se développent (les oliviers étant jusque là généralement éparpillés au milieu des autres plantations) ainsi que le commerce de l’huile d’olive.

Au XIX° siècle, le développement de l’oléiculture connait une expansion maximale, grâce notamment à sa forte utilisation dans de nombreuses industries artisanales (savon de Marseille, textiles…) : la France compte 26 millions d’oliviers sur 168 000 hectares. Dans certains bassins, l’olivier occupe la surface couverte par la vigne aujourd’hui. C’était la ressource économique principale de nombreuses communes agricoles.

La concurrence des huiles de graines provenant des colonies puis celle de la vigne plus rentable,  le besoin de terres nouvelles lors de la crise du phylloxera  marquèrent le début de la régression de l’oléiculture. Les gels, en particulier celui de 1929, la concurrence économique des huiles végétales coloniales, les premiers grands mouvements de l’exode rural, accélérèrent cette déchéance jusqu’à la veille du gel fatidique de 1956.À la veille de cette catastrophe, la France ne compte plus que 8 millions d’oliviers sur 50 000 hectares. Les températures terribles (-20°C) qui frappèrent le Midi de la France en février 1956 survinrent après un mois de janvier particulièrement doux qui avait favorisé le réveil de la végétation. Les deux tiers des oliviers furent décimés et les 20 000 hectares d’oliveraies françaises ne comptaient plus que 3 millions d’oliviers.

Le Renouveau...

Ce n’est qu’à partir des années 1980, notamment grâce aux découvertes des bienfaits liés au régime méditerranéen, et très progressivement que l’oléiculture française se relève du terrible gel de 1956. Maintenue par la passion de quelques irréductibles, soutenue par l’Etat puis par l’Europe, l’oléiculture française retrouve un certain dynamisme.

Le rôle de l’olivier, dans les bassins de production est renforcé par le développement de l’agro tourisme. Il redevient un acteur à part entière des paysages, mais aussi de la vie rurale et agricole. Des routes de l’olivier, des confréries de Chevaliers de l’Olivier, des musées de l’olivier se sont créés et témoignent du dynamisme de ce secteur.